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Face aux décisions affligeantes et irresponsables du gouvernement sur la « mise en pose du plan écophyto » nous relayons cet appel à mobilisation écrit par un collectif de chercheurs indignés

Face aux décisions affligeantes et irresponsables du gouvernement sur la « mise en pose du plan écophyto » nous relayons cet appel à mobilisation écrit par un collectif de chercheurs indignés

Les indigné.e.s est un mouvement apolitique nourri de scientifiques de paysannes et paysans, artistes, actrices et acteurs de l’environnement, de la santé, de l’alimentation, de la culture, de l’économie, de l’enseignement, de citoyennes et citoyens, … Parce que la nourriture touche à la porosité des mondes – l’économie, la culture, la santé, l’enseignement, l’aménagement du territoire, les paysages, l’écologie, … ensemble indignons-nous sous une diversité d’actions respectueuses des biens, des personnes et de la Terre. Demandons au Gouvernement Attal non seulement de renoncer à ses décisions anti-environnementales mortifères, totalement irresponsables mais aussi d’initier un élan de grand envergure pour l’agroécologie paysanne et l’agriculture biologique.

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Nous avons besoin de NOURRIR LA VIE. Les mesures anti-environnementales irresponsables retenues par le Gouvernement ATTAL vont PRODUIRE À MORT/PRODUIRE LA MORT. Indignons-nous !

Nourrir, c’est prendre soin de l’autre, y porter attention1. Santé physique2, santé psychique3, santé de la terre/Terre et de ses communs, tout est lié4. De nombreuses initiatives paysannes contemporaines, mêlant savoirs, savoir-faire et créativité œuvrent en ce sens. Leurs capacités à nourrir le monde ne fait plus de doute5. Dans les paysages nourriciers qu’elles élèvent, plantes, bêtes et gens agissent en synergie. Mais voilà que les mots « nourrir » et « paysan » déployant avec eux l’espoir pour les générations présentes et à venir sont repris, pervertis par les lobbies de l’agriculture industrielle et de la chimie. Une agriculture qui met en péril la santé de ses agricultrices, agriculteurs, des populations comme de tous les vivants. Une agriculture qui formate des paysages mutilés où la diversité vivante, culturelle ne peut plus pousser6

Le mouvement des indigné.e.s alerte sur  les effets toxiques de cet amalgame entre nourrir les gens par une économie fertile7, solidaire et alimenter le business. Une confusion que la majorité des médias entretiennent en ignorant les enjeux de société à l’œuvre dans le mouvement agricole de ce début 2024. Une confusion avec laquelle jouent les mesures politiques européennes, nationales comme vient de le faire en France le premier ministre dans son discours du 26 janvier 2024 et dans ceux qui ont suivi8. Les mesures annoncées appellent à poursuivre un modèle sans issue, à total contre-courant des travaux scientifiques, nombreux sur les conséquences délétères des pesticides9, des pratiques à rebours du vivant qui caractérisent l’agriculture conventionnelle industrielle en France ainsi qu’ ailleurs10. Les décisions politiques anti-environnementales annoncées par le Gouvernement français dans l’urgence encouragent un pseudo-imaginaire d’une toute-puissance virile et guerrière. Elles valorisent l’exploitation des biens communs, leur pillage, la dislocation des territoires et dévalorisent les forces résilientes de l’agroécologie paysanne. Elles visent à imposer le non-sens de la démesure où se profilent des champs de ruine que nous devrions subir, en silence dans une anesthésie générale. Un jeu auquel les paysan.ne.s sont forcément perdant.e.s11 tout comme les populations. Ironie du sort ; la fertilité masculine est justement aujourd’hui mise à mal par les pesticides dont le glyphosate12.

Nous avons besoin d’une économie fertile pour les paysan.ne.s, la société et la terre/Terre13. Nous avons besoin de la beauté vivante des lieux, nous aspirons à élever nos enfants en paysages nourriciers de liens solidaires, de sens, de créativité, d’espoir. Indignons-nous !

Les indigné.e.s est un mouvement apolitique nourri de scientifiques de paysannes et paysans, artistes, actrices et acteurs de l’environnement, de la santé, de l’alimentation, de la culture, de l’économie, de l’enseignement, de citoyennes et citoyens, … Parce que la nourriture touche à la porosité des mondes – l’économie, la culture, la santé, l’enseignement, l’aménagement du territoire, les paysages, l’écologie, … ensemble indignons-nous sous une diversité d’actions respectueuses des biens, des personnes et de la Terre. Demandons au Gouvernement Attal non seulement de renoncer à ses décisions anti-environnementales mortifères, totalement irresponsables mais aussi d’initier un élan de grand envergure pour l’agroécologie paysanne et l’agriculture biologique.

1 Cf. Pignier, Nicole (2023), Paysages nourriciers. Un dialogue entre cultures et savoirs. Edts Connaissances et savoirs, Paris. Lien  https://www.unilim.fr/ehic/2023/10/20/parution-paysages-nourriciers-un-monde-de-cultures-et-de-savoirs/#:~:text=Un%20dialogue%20entre%20cultures%20et%20savoirs&text=Elles%20germent%20en%20paysages%20o%C3%B9,’a%20pu%20s’adapter.

2 Cf. Decocq Guillaume, Boomerangs, (2023), Comment la mise à mal de notre environnement met en danger la santé humaine, Edts du Rocher, Paris.

3 Le Van Quyen, Michel (2022), Cerveau et Nature, Pourquoi nous avons besoin de la beauté du monde ? Flammarion, Paris.

4 Cf. Tribune «  Pesticides : « Tirons du drame de l’amiante des leçons pour l’avenir »d’un collectif de présidents de Mutuelles françaises, publiée dans le journal Le Monde le 29 janvier 2024 : https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/01/29/pesticides-tirons-du-drame-de-l-amiante-des-lecons-pour-l-avenir_6213699_3232.html#:~:text=Tribune&text=Un%20collectif%20de%20quarante%20responsables,plus%20de%20cent%20mille%20victimes.

5 Cf. Billen, Gilles (2021), « Une agriculture biologique pour nourrir l’Europe en 2050 ». Lien : https://www.cnrs.fr/fr/presse/une-agriculture-biologique-pour-nourrir-leurope-en-2050

6 Cf. Tribune « Habiter la terre, ménager la Terre », publiée par un collectif de scientifiques le 1er avril 2022 (Pignier, Nicole et Faburel, Guillaume coord.) dans le journal Libération : https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/habiter-la-terre-menager-la-terre-20220401_U3QI6JXCB5EPTF52NGNBC47FVU/

7 Cf. Dufumier, Marc (2023), La transition agroécologique. Qu’est-ce-qu’on attend ? Edts Terre vivante.

8 Cf. Tribune « Normes, Ecophyto… Les réponses du gouvernement à la colère agricole risquent d’être contreproductives », publiée par un collectif de chercheurs dans Le Nouvel Observateur le 6 février 2024. Lien : https://www.nouvelobs.com/opinions/20240206.OBS84126/normes-ecophyto-les-reponses-du-gouvernement-a-la-colere-agricole-risquent-d-etre-contreproductives.html

9 Cf. Tribune d’un collectif de chercheurs « Nous, chercheuses et chercheurs, dénonçons la mise au placard des connaissances scientifiques » publiée dans Le Monde le 7 février 2024. Lien : https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/02/07/pesticides-nous-chercheurs-et-chercheuses-denoncons-une-mise-au-placard-des-connaissances-scientifiques_6215195_3232.html

10 Cf. Tribune de Marc-André Selosse, « On ne pourra sauver l’environnement sans les agriculteurs, et réciproquement », publiée dans Le Monde le 1er février 2024. Lien : https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/02/01/on-ne-pourra-sauver-l-environnement-sans-les-agriculteurs-et-reciproquement_6214215_3232.html

11 Cf. témoignage d’une agricultrice en AB : http://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/oise/mise-en-pause-du-plan-ecophyto-c-est-tout-ce-qu-il-ne-fallait-pas-faire-estime-une-agricultrice-bio-2918970.html ; cf. témoignage de Gilles Ravard, journal de 8h France culture le 6 février 2024 : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/journal-de-8-h

12 https://www.frequencemedicale.com/generaliste/patient/180511-L-exposition-aux-pesticides-peut-nuire-a-la-qualite-du-sperme

13 Cf. https://atecopol.hypotheses.org/9591

TOUR DE FRANCE SECRETS TOXIQUES À SAINT-JUNIEN : LES PRESENTATIONS DES INTERVENANTS AU COLLOQUE SUR LA POLLUTION DES EAUX PAR LES PESTICIDES

TOUR DE FRANCE SECRETS TOXIQUES À SAINT-JUNIEN : LES PRESENTATIONS DES INTERVENANTS AU COLLOQUE SUR LA POLLUTION DES EAUX PAR LES PESTICIDES

Présentations PPT de :

Les enregistrements :

Tour de France Secrets toxiques à Saint-Junien : Colloque sur la pollution des eaux par les pesticides

Tour de France Secrets toxiques à Saint-Junien : Colloque sur la pollution des eaux par les pesticides

Vendredi 24 novembre de 16 heures à 19 heures. Ciné Bourse 2 Place Lénine 87200 Saint Junien

Pollutions diffuses par les pesticides : quels impacts sur l’eau ? quelles réponses possibles ? L’exemple du bassin de la Vienne

Ce colloque a pour but en partant du témoignage de deux Maires (ceux de Cieux et de Montrolet), de faire le point sur la nature et l’importance de la pollution par les pesticides à l’échelle du bassin de la Vienne, ainsi que sur les dispositifs permettant d’agir pour réduire cette pollution. Des données locales, en perspective d’analyses nationales, ainsi que le cadre juridique seront précisés. L’appréciation du risque sanitaire et du retour d’expérience dressé par l’Eptb Vienne permettront ensuite d’engager le débat sur les réponses à apporter aussi bien à l’échelle locale que nationale.

Intervenants :

  • Monsieur Jean-Marie ESCLAMADON Maire de Cieux (87)
  • Monsieur Benoit Savy Maire de Montrolet et Président de la communauté de communes de Charente Limousine
  • Antoine GATET, juriste, Président de France Nature Environnement
  • Stéphane LORIOT, Directeur de l’Equipement public territorial du bassin de la Vienne (EPTB Vienne)
  • Pierre-Michel PERINAUD, Président d’Alerte des médecins sur les pesticides et membre du Comité de pilotage de Secrets Toxiques
Utilisé pour l’agriculture française, le phosphate provoque une catastrophe sanitaire en Tunisie

Utilisé pour l’agriculture française, le phosphate provoque une catastrophe sanitaire en Tunisie

Encore des externalités de l’agriculture industrielles qui ne sont pas prises en compte.

Le géant breton de l’agroalimentaire Roullier possède deux usines à Gabès en Tunisie, où il produit des compléments alimentaires pour l’élevage. Il achète son phosphate à un complexe chimique responsable d’une catastrophe écologique.

De l’engrais utilisé en France

L’engrais phosphaté fabriqué par le groupe chimique de Gabès est exporté dans l’hexagone. Comme l’ont révélé nos collègues de Vakita, l’entreprise tunisienne s’est spécialisée dans la fabrication du DAP 18-46, l’un des intrants agricoles les plus utilisés en France, généralement vendu chez des grossistes. Au printemps, il constitue un accélérateur de croissance pour les cultures de céréales, de pommes de terre ou encore de betteraves.

Une entreprise française a aussi des intérêts économiques directs au sein du complexe industriel de Gabès. Le groupe Roullier, via sa filiale Phosphea, y a installé deux usines. Il achète directement de l’acide phosphorique au Groupe chimique tunisien et l’utilise pour fabriquer sur place ce que Phosphea appelle des “solutions nutritionnelles à base de macro-minéraux”. Ces compléments alimentaires, sous forme de petites billes blanches, sont utilisés dans les élevages de poulets, de vaches, de porcs, et même de crevettes. Le phosphore permet aux animaux de grandir plus vite, de produire plus de lait ou de mieux se reproduire…