Assemblée générale : Rapport moral du président

Assemblée générale : Rapport moral du président

ASSEMBLEE GENERALE SAINT-JUNIEN-ENVIRONNEMENT

7 décembre 2 018 . Rapport moral du président

Bonjour à vous tous ici présents ce soir ;

Je vous remercie de manifester ainsi l’intérêt que vous portez aux questions environnementales, qui nous préoccupent avec une acuité de plus en plus vive au fil des ans – des décennies – devrais-je dire, puisque notre association a maintenant dépassé les 40 ans de vie. Fondée en 1976 à l’initiative de Jean Borget pour aborder les questions touchant l’environnement à l’échelon local , elle devrait donc logiquement voir se dérouler sa 40ème assemblée générale .Une vacance, ou pour le dire autrement, un « gel » momentané, avant une reprise en 1989 sous la houlette de Lucien Coindeau puis en 1995 avec Annick Doucelin ne nous a pas permis d’atteindre ce compte cette année. Malheureusement, faire vivre une association consacrée à l’intérêt général exige beaucoup d’investissement personnel à travailler dans l’ombre, sans exposition médiatique, à examiner des dossiers , à participer à des échanges d’informations , à des réunions de concertation avec des acteurs de la vie économique, de la vie culturelle, à conduire des actions pédagogiques , à dépouiller des dossiers d’enquête publique, et aussi à se déplacer pour répondre à des alertes et en vérifier la validité.Ce sont des tâches ingrates, humbles et nécessaires . Nous ne pouvons souhaiter qu’être plus nombreux pour conduire ces diverses actions, car si l’on voit toujours les mêmes partout, c’est aussi que , si j’ose dire, ce sont toujours les mêmes que l’on ne voit nulle part, et que dans nos rangs, beaucoup sont engagés dans plusieurs activités, en mettant en retrait leur intérêt personnel au profit du bien commun.Veuillez me pardonner cette petite goutte acide versée en considération de certaines réalités un peu sombres, mais je n’en ai que plus de plaisir a exprimer mes remerciements et ma considération au vu de l’énergie et du dévouement manifesté par les membres de notre association.

Un des volets de notre association concerne l’éducation à l’environnement, avec des actions envers le public, adulte ou scolaire, sous diverses formes comme des articles dans la presse ou des sorties naturalistes.

Il s’agit d’aborder la question de manière aussi concrète que possible, notamment pour identifier des espèces, tant il est vrai que pour protéger l’environnement il faut bien en connaître les composantes.On ne pense à protéger que ce qu’on aime, on n’aime que ce que l’on connaît, et on connaît seulement ce qu’on identifie, et qu’on est capable de nommer. C’est l’étape fondamentale avant d’aller au-delà, vers une approche plus globale des relations des êtres vivants entre eux et avec leur milieu, ce qui est la définition même du mot écologie.

C’est à partir de cette approche qu’on doit s’interroger sur la place de l’Homme dans le vivant, et sur la qualité même de l’humain : que signifie la notion d’humanité dans une Humanité qui avilit son habitat sans égard aux générations à venir ?

Est-il pleinement humain de chercher la croissance -j’entends la croissance à tout prix – par le productivisme effréné, ainsi que par le gaspillage accru de biens non renouvelables, d’espaces et d’espèces ?

La biosphère, ce superorganisme vivant dont nous sommes un maillon, est affectée par la virulence d’une de ses espèces, envahissante, dévorante. Elle fait de l’anthropose aiguë. Déraisonnables mais doués de raison, nous pouvons la soigner à notre profit si la prise de conscience et la volonté d’agir interviennent à temps. Soyons optimistes.

Penser global et réfléchir sur le long terme sont chose bien difficile. A preuve l’exemple que je vous propose :

En 1974 , un congrès international réunissait des architectes et des urbanistes à Athènes. On y débattait des questions d’aménagement urbain. Quelle conception des villes devait être promue pour assurer leur développement dans la modernité ? Le terme de modernité est ici essentiel , A l’époque, la modernité, c’est l’automobile. Rappelez-vous, c’est l’époque de l’établissement des voies sur berges à Paris. Toute autre considération était passéiste. C’était aussi la période ou l’on considérait que l’industrie de pointe était l’industrie automobile. Ce congrès internationnal a débouché sur la rédaction d’une charte d’aménagement urbain proposée comme modèle mondial, à suivre de suite dans les pays les plus avancés : c’était la nouvelle CHARTE D’ATHENES, révisant celle de 1933 . La ville devait être conçue , développée , aménagée en considération d’une priorité : favoriser les déplacements en facilitant la circulation automobile. Accessoirement, je rappelle que 1974 est aussi l’année du 1er choc pétrolier. Charte ou pas, on a vu les villes s’étaler démesurément, les campagnes se miter, se dissocier les diverses fonctions de la ville par sectorisation de ses activités : centre ville réservé aux services et commerces « rares », quartiers périphériques uniquement résidentiels, « zones d’activités » consacrées uniquement au commerce, zones artisanales ou industrielles, éventuellement zones administratives, d’enseignement, de soins etc… Bien évidemment, cet éclatement, outre le fait qu’il a dégradé les liens sociaux de voisinage, a rendu les déplacements de plus en plus nombreux, longs et coûteux, et le mitage rural a rendu compliqué, coûteux, voire impossible l’établissement des différents réseaux , dont celui des transports en commun. Enfin, l’établissement de grands axes autoroutiers ou autres grandes voies a contribué à évincer les commerces et services à la fois des campagnes et des centres urbains anciens. Revenir en arrière n’est peut-être pas envisageable, mais il importe d’avoir ces considérations à l’esprit pour chercher des solutions plus compatibles avec un développement simplement humain, et plus propres à nous dégager de la dépendance énergétique , sujet de brûlante actualité.

Pour ne pas rester sur une note pessimiste, je veux souligner les efforts de nos élus qui se sont engagés à limiter l’usage de produits phytosanitaires sur les espaces du ressort de la collectivité, ainsi que la pollution lumineuse par réduction des éclairages publics, même si je déplore, comme astrophile, qu’il y en ait toujours trop. La mise sur pied de concertation citoyenne sur l’environnement , comme par exemple la conférence sur la haie en novembre 2018 est pour nous un encouragement. Son audience par un public attentif et nombreux en est un autre .

Je vous remercie de votre attention.

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